Un record toutes catégories pour TF1 qui, avec 22.199.760 de personnes devant leur téléviseur au coup d'envoi de France-Portugal (pour une part d'audience 76,7%) et 25 millions au coup de sifflet final, enregistre la meilleure audience de l'histoire, depuis que les mesures existent en 1989, devant la finale de l'Euro 2000 (21,4 millions) et celle de la Coupe du Monde 1998 (20,6 millions). Les dirigeants de la première chaîne se frottent bien évidemment les mains, eux qui ont misé 100 millions d'euros (à pertes) pour couvrir ce Mondial allemand, avec des écrans publicitaires sans doute records dimanche pour la finale France-Italie (on parle de 250.000 euros les 30 secondes !).
Autant dire que jusqu'à dimanche, le désormais tubesque "Zidane il va marquer", qui encadre les spots publicitaire de la chaîne, va résonner au quatre coins de l'Hexagone, comme mercredi soir où les 500.000 personnes descendues dans les rues de Paris n'ont cessé de chanter à la gloire du capitaine de l'équipe de France, buteur décisif face au Portugal. Une équipe lusitanienne gentiment chambrée ("Et il sont où, et ils sont où, et ils sont où les Portugais ? A casa, a casa, a casa !"), elle qui a fait passer de grosses frayeurs à tous les supporters bleus.
La presse dithyrambique
Venus de tous les coins de la capitale, notamment des stades de Charléty et de Jean-Bouin ou du Parc des princes, où la rencontre était diffusée sur des écrans géants, les Parisiens se sont remis à faire la fête, comme aux plus belles heures de 98. Maillots et drapeaux bleus sont ressortis des placards pour une célébration qui a duré une bonne partie de la nuit, avec malheureusement comme d'habitude son cortège d'incidents. La préfecture de police de Paris, qui avait déployé 2000 membres des forces de l'ordre, a annoncé ce jeudi que ces dernières avaient procédé à 189 interpellations, principalement pour vols, violences, dégradations et ivresse publique, 117 personnes ayant été placées en garde à vue. Elle déplorait en outre le décès d'un jeune homme, tombé à la station Opéra du toit d'une rame de métro sur lequel il était monté. Un cas malheureusement pas isolé, puisqu'un bachelier a disparu dans la Saône à la suite d'un pari et qu'un jeune homme de 24 ans est décédé à Montpellier, victime d'un coup de couteau.
Partout en France, la qualification des troupes de Raymond Domenech a été fêtée, de la Martinique, qui s'est arrêtée de vivre pendant le match, à Marseille, où le Vieux Port a vite été saturé, en passant par la Grand-Place à Lille, la place Bellecour à Lyon, celles de la Comédie et du Capitole à Montpellier et Toulouse, et bien sûr Boulogne-sur-Mer, «patrie» de Franck Ribéry. Ce dernier est devenu en l'espace de six matches la nouvelle coqueluche des fans des Bleus, juste derrière celui qui rallie tous les suffrages, Zinédine Zidane, les "Zizou, Zizou !" étant les slogans les plus entendus dans les rues parisiennes.
Et jeudi matin, les titres de la presse nationale et régionale se faisait l'écho du sentiment de fierté qui s'est emparée de l'Hexagone. "Le but de leur vie" pour L'Equipe, "Fabuleux !" pour Le Parisien, "Les Bleus sont là !" pour Ouest-France, "On y est !" pour La Provence et France Soir, "Ces Bleus-là sont incroyables" pour La Voix du Nord, tandis que Libération prend rendez-vous en titrant "Dimanche à Berlin". Car cette liesse, les Français rêvent de la prolonger dimanche soir à l'occasion de la finale face à l'Italie, tout dernier match de la carrière du capitaine des Bleus qui aura sans doute le droit à sa statue en cas de deuxième titre de champion du monde de l'équipe de France. Et il la mérite!
et toi t'en penses quoi ?



